Accueil  /  MBway Alumni  /  Didier Guitton

Didier Guitton

Consultant spécialiste du pilotage de projet et de la qualité

Didier Guitton

Consultant spécialiste du pilotage de projet et de la qualité



Didier Guitton, de formation ingénieur à l’ENSIAA (Ecole Nationale Supérieure des Industries Agricoles et Alimentaires), a ouvert en 1999 son cabinet conseil, DG consultant qui opère dans 3 domaines :

  • Vente de licences de brevets et cession de brevets dans le domaine des emballages actifs qui  améliorent la conservation et la qualité des produits alimentaires (inventeur de 11 brevets)
  • Conduite de projets industriels, en maître d’œuvre, dans tous les domaines industriels
  • Formation, à la fois dans les entreprises et dans les Ecoles de Commerce et d’Ingénieurs.
     

Pouvez-vous nous expliquer la place et le rôle qu’occupe le domaine du management de la qualité ? Quelle est son importance dans le bon fonctionnement d’une entreprise ?

" Sans refaire un cours sur l’importance de la qualité, il faut bien comprendre comment a émergé la notion de qualité. A la fin de la seconde guerre mondiale, il fallait reconstruire dans un contexte de pénurie de matières premières et d’énergie. C’est à cette époque qu’émergent le comité ISO à Londres et un certain nombre d’outils méthodologiques comme l’analyse de la valeur. Le principal enjeu pour les entreprises était de  continuer à satisfaire le client mais à moindre coût et en minimisant la consommation de matières, matériaux et ressources en général. La roue de DEMING s’impose à cette époque comme la méthode de la gestion de la qualité des organisations. La modélisation des activités de l’entreprise sous forme de processus est née de cette volonté  de réorganisation en conduisant des projets d’optimisation et de réingénierie. Cette modélisation des activités, c’est une véritable vision des moyens de l’entreprise orientée sur la satisfaction des besoins des clients et la création de la valeur ajoutée.

Cela a constitué une véritable révolution qui a permis la mutation profonde des entreprises, qui sont passées d’une organisation verticale issue du taylorisme à une organisation transversale en management par projet.

Il a donc fallu définir une organisation dédiée à cela, afin de garantir 2 objectifs incontournables : satisfaire le client tout en créant de la valeur ajoutée

La qualité ne consiste pas à faire du contrôle pièce par pièce mais à concevoir et mettre en œuvre un nouveau mode de management pour garantir la qualité en évitant justement de contrôler chaque unité produite.

Ce nouveau système de management impacte tous les services de l’entreprise, des équipes de production opérationnelles à l’encadrement de l’entreprise, en passant par tous les services supports de l’activité.

L’entreprise est modélisée différemment et le management est mobilisé pour garantir les 2 vertus que sont la création de valeur et la satisfaction du client.

La mise en place d’un système de management de la qualité permet également de créer un  langage commun à tous les secteurs et fonctions de l’entreprise. Par extension, les pôles de compétitivité regroupent des entités différentes qui par la qualité disposent d’un langage commun leur permettant de communiquer efficacement et d’envisager des collaborations au-delà des limites de l’entreprise. "

 

Comment se porte ce secteur et quels sont actuellement les besoins en recrutement ?

" La qualité est par nature interdisciplinaire. Tous les services de l’entreprise sont impactés. Il est donc évident que la qualité se décline dans tous les métiers et toutes les fonctions.

Cela inclut bien évidemment :

  • les techniciens en charge de conduire les mesures,
  • les managers (Responsable Qualité, Superviseur, Ingénieur Qualité) qui les accompagnent dans l’analyse et l’optimisation,
  • les experts qui  sont quant à eux associés à l’entreprise dans la recherche de solutions spécifiques.

Par conséquent, la qualité recouvre aujourd’hui toutes les réalités de l’entreprise et se décline également dans les rouages fonctionnels de l’entreprise. Par ailleurs, les personnes qui ne sont pas directement intégrées dans les fonctions qualité doivent pouvoir interférer, en comprendre les différents aspects et enjeux pour contribuer à la mise en œuvre efficace  d’un système de management de la qualité.

En termes de management de projet et de compréhension de la modélisation de l’entreprise, les collaborateurs doivent être familiers des notions, contingences associés à ce mode de représentation de l’entreprise.

Il est donc important pour un manager de disposer de cette culture pour favoriser son intégration dans cette nouvelle modélisation de l’entreprise et de son efficience.

Il suffit, pour s’en convaincre, d’effectuer une recherche sur des moteurs d’annonces. Sur le site de l’APEC par exemple, le mot clé qualité appelle plus de 20 000 offres ! Si bon nombre d’opportunités sont proposées dans des fonctions liées aux études, recherches & développement, production industrielle et services techniques, plus de la moitié des offres intégrant explicitement la notion de qualité relèvent des autres fonctions de l’entreprise, la RH, le commercial, la Direction au sens large incluant le pilotage de projet, ainsi que des fonctions en communication ou en gestion / finance. C’est aujourd’hui  à tous les niveaux de l’entreprise que se décline la qualité dans sa perception la plus actuelle, au-delà de l’aspect strictement normatif. "

 

Selon vous, que peut apporter une école de management telle que MBway à un secteur aussi technique que la qualité ? Que doivent maîtriser les futurs managers pour faire carrière dans ce domaine ?

" L’organisation taylorienne de l’entreprise privilégie un regard de l’intérieur pour en optimiser le fonctionnement. On recherche en interne la solution au problème. La vision qualité développe une approche systémique, c’est-à-dire que l’entreprise est sans cesse en train de s’organiser en fonction des évolutions de son environnement : les technologies, les clients, les concurrents(…). En fonction de ces évolutions elle fait évoluer ses composantes, en recherchant à optimiser l’interaction entre les processus pour les rendre plus efficaces.

Une école comme MBway forme aux 2 approches : approche métier issue de la vision taylorienne, et approche systémique de l’entreprise en tenant compte de l’environnement. L’approche du management de l’entreprise s’intéresse à son organisation modélisée en approche processus, dynamique qui vise en transverse dans toutes les dimensions de l’entreprise à créer de la valeur et satisfaire le client.

Comprendre l’approche qualité suppose de recevoir une formation solide sur l’organisation fonctionnelle de l’entreprise et sur l’approche système de celle-ci.

Par exemple, le diagnostic stratégique d’une entreprise est conduit selon une approche système car il vise à choisir et développer le scénario et le schéma organisationnel les mieux adaptés à l’environnement de l’entreprise.

Quand on fait du management de projet, on fait de la qualité. Il faut préalablement préciser les enjeux stratégiques du projet dans le lancement du projet. Ensuite le responsable de projet planifie, met en œuvre le projet selon une organisation dédiée. La maîtrise du projet consistera à décider et mettre en œuvre des actions correctives pour respecter les plans du projet, voire à gérer des modifications de ces plans. Le responsable de projet est responsable de la coordination et du management d’un véritable système de processus décrits en tant que tel dans la norme Iso 21 500 : 2012 « Lignes directrices sur le management de projet ».

Le management des équipes sous la responsabilité du responsable de projet s’entend de plus en plus largement en équipes interdisciplinaires où le principe de hiérarchie n’existe plus. La collaboration s’élargit à toutes les dimensions de l’entreprise. "

 

Quels sont les débouchés et les possibilités d’évolution d’un jeune diplômé de MBway souhaitant travailler dans le Management de la qualité ?

" Les postes en entreprise  relatifs à la qualité sont divers et se déclinent à différents niveaux  : technicien, manager, experts, superviseurs, ingénieurs qualité, coordinateur…

Dans une entreprise industrielle, un technicien qualité assure sous le contrôle du Responsable Assurance Qualité, la revue des dossiers de lot et la libération des lots, l'ouverture  des fiches de  non-conformités et est le représentant de la qualité auprès des services de production.

Un responsable Qualité pilote toute l’organisation qualité d’une entreprise

Un ingénieur qualité participe à la définition des besoins spécifiques  pour le développement et la certification des produits,  tout en tenant compte des exigences d'assurance qualité et de contrôle qualité pour répondre aux exigences des clients, des marchés et des réglementations en vigueur. Il rédige les plans qualité et de contrôle  et assure leur respect durant toutes les phases de vie

Un coordinateur Qualité assure le respect des obligations règlementaires Qualité, sensibilise et accompagne les différents interlocuteurs de l’entreprise sur la qualité, définit les spécifications du produit pour leur mise sur le marché, organise et réalise les audits des fournisseurs et leur suivi, met à jour la documentation, participe à des projet autour de thématiques qualité spécifiques selon les enjeux de l’activité de l’entreprise.

A travers ces postes aussi divers, un jeune diplômé pourra contribuer à la conception et à la mise en œuvre d’un service qualité, mais aussi d’autres systèmes de management comme   l’Iso 14 001 (Système de management environnemental), l’OHSAS 18001 (système de Management de la Santé et de la Sécurité au Travail), le 6 sigma…

Il pourra également prendre en charge des aspects plus transverses de la qualité afin d’inscrire plus concrètement l’entreprise dans ses ambitions de performance globale ou spécifique, au sein d’une Direction fonctionnelle ou en tant que Chargé de Projet auprès de la Direction.

Pour conclure, la transversalité apportée par la qualité va totalement valoriser sa formation et son employabilité. La qualité et sa modélisation sous forme de processus permettent de mieux coordonner le management des interfaces entre les métiers.

Une personne qui a travaillé à la qualité dans un domaine industriel ou des services n’aura pas de mal à rebondir dans une entreprise d’un secteur différent car le langage de la qualité est clairement défini.

Les compétences sont alors facilement transférables dans des environnements différents de ceux dans lesquels s’est exercée la pratique initiale. On peut imaginer passer du secteur agro au secteur des services, autant de chances de relancer son parcours professionnel, d’adapter son employabilité aux évolutions sectorielles de l’emploi. "


Partagez